Combien de fois ai-je dit oui alors que tout en moi disait non ? Pas par lâcheté, pas par bêtise, mais par peur de perdre le lien.
Je sentais bien que quelque chose clochait, un malaise, un poids dans le ventre. Pourtant, je disais oui quand même. Je souriais en plus, pour que ça passe mieux.
Si tu me lis, tu connais peut-être ça.
Quand un oui devient une trahison de soi
Pendant longtemps, j’ai ressenti une certaine fierté à être gentille, à m’adapter et à ne pas faire de vagues. Je ne voyais pas que je me trahissais moi-même.
Je croyais que j’arrangeais les choses et que je protégeais la relation. En réalité, je m’effaçais un peu plus à chaque oui qui aurait dû être un non.
Le jour où le père de ma fille a prononcé cette phrase, "Tu me fais peur, tu changes", j’ai eu la confirmation que j’avais enfin pris le chemin du positionnement.
Ça n’a pas forcément été facile. Le lien avec l’autre a fini par se rompre, mais cette rupture a renforcé le lien le plus précieux, celui que j’entretiens avec moi-même.
Dire non pour construire une relation authentique
Voici ce que j’ai fini par comprendre avec le temps.
Une relation authentique, c’est une relation dans laquelle je peux dire non lorsque je sens que ce n’est pas juste pour moi, et oui lorsque je sens que ça l’est vraiment. Sur le papier, rien de plus simple. Dans la réalité, c’est souvent beaucoup plus difficile.
Dès que je dis oui pour ne pas déranger, je ne suis déjà plus tout à fait moi-même dans la relation. Je montre une version de moi qui s’adapte, qui évite le conflit, qui cherche à préserver le lien à tout prix.
Et l’autre ne me rencontre plus vraiment là où je suis. Il me rencontre à travers ses propres blessures, ses peurs et ce qu’il projette sur moi. Peu à peu, chacun s’ajuste à ce qu’il croit devoir être pour que la relation tienne et l’on finit par s’éloigner de ce qui est vrai.
Ça ne concerne pas seulement l’amour. C’est vrai avec une amie qui te demande un service que tu n’as pas envie de rendre, avec un parent, un collègue ou un client.
Dans toutes les relations, on peut apprendre peu à peu à dire oui pour être aimé·e, gardé·e ou toléré·e. À force de chercher à préserver le lien avec l’autre, on finit par perdre le lien avec soi-même.
Dire non demande de faire confiance à la relation
Il y a une question de confiance là-dessous, que l’on regarde rarement.
Quand je dis oui pour éviter que l’autre s’énerve ou s’éloigne, je ne fais pas confiance à la relation. Je pars du principe qu’elle ne survivrait pas à mon vrai non.
C’est une drôle de façon de protéger un lien que de ne pas croire qu’il peut tenir face à la vérité.
Oser dire non, c’est aussi accepter de ne pas maîtriser la réaction de l’autre. La relation peut être bousculée, traverser un inconfort ou demander un ajustement. Mais c’est peut-être justement à cet endroit qu’elle devient plus vraie.
Un non n'est pas toujours définitif
Il y a aussi de la vulnérabilité derrière tout cela.
Dire non, ce n’est pas fermer une porte à jamais. Parfois, c’est simplement dire que ce n’est pas le bon moment, que ce n’est pas possible de cette manière ou dans ces conditions-là. Et ça peut évoluer.
Oser le dire, c’est déjà oser se montrer tel que l’on est, avec ses limites du moment. Pas seulement sous un jour fort et assuré, mais aussi dans les moments où l’on hésite, où l’on a besoin de temps et où l’on n’a pas encore de réponse.
C’est là que ça devient exigeant. Montrer cette part de soi, celle qui dit non ou qui doute, demande d’accepter d’être vu sans filtre.
J’en parle plus en détail dans mon article sur la vulnérabilité, mais l’idée centrale rejoint exactement ce qui se joue ici. Ce n’est pas ma fragilité qui m’épuise, c’est la lutte que je mène pour ne jamais la montrer.
Réapprendre à écouter ses vrais oui et ses vrais non
Christine est arrivée chez moi après une période de grands bouleversements, marquée par une séparation, un déménagement et un changement professionnel. Elle avait besoin de se reconstruire et de retrouver sa place.
Au fil de l’accompagnement, elle n’a pas appris une technique pour dire non. Elle a surtout appris à mieux se voir, à reconnaître ce qu’elle ressentait et ce qui était juste pour elle.
Peu à peu, ses non sont devenus plus naturels, et ses oui davantage en accord avec elle. Ce n’est pas parfait tous les jours, comme elle le dit elle-même, mais elle a retrouvé un cap intérieur qui lui permet de traverser les moments plus difficiles sans se trahir.
Derrière la difficulté à dire non, il n’y a pas seulement une limite personnelle à poser. Il y a aussi tout ce qui se joue entre deux personnes, ce que chacune vient réveiller chez l’autre, ce que l’on accepte, ce que l’on retient et ce que l’on n’ose pas exprimer.
C’est cette dynamique relationnelle que j’aime observer dans les thèmes d’alliance que je propose aussi en accompagnement. Ils permettent de regarder autrement ce qui relie deux personnes, les blessures qui se répondent, les tensions qui s’installent et ce qui demande à être reconnu pour que la relation puisse respirer.
Ce regard peut aussi permettre de comprendre pourquoi il est parfois si difficile de dire non, même lorsque tout en nous le réclame.
Si tu te reconnais dans ce oui qui cache un non, ce n’est pas un défaut à corriger chez toi. Tu n’as pas besoin de tout changer d’un coup.
Tu peux simplement commencer par observer une situation précise et te demander ce que tu voudrais vraiment dire si la peur de perdre le lien n’était pas dans la pièce.
Si tu sens que cette difficulté demande à être regardée de plus près, Ré-UNION est fait pour ça. Trois séances en profondeur pour comprendre ce qui se joue dans tes relations, ce qui te pousse encore à te taire, et commencer à choisir des oui et des non qui te ressemblent vraiment.
Découvrir Ré-UNION parmi mes accompagnements individuels.