Tu connais peut-être cette petite voix : Si je baisse la garde, je vais m’effondrer. Si je montre ce qui ne va pas, on va me manger tout cru. Si j’ose me dévoiler, je vais perdre le contrôle.
Alors tu tiens. Tu gardes tout pour toi, les émotions, les doutes, les questions, les limites, les besoins... Autrement dit, ce qui fait partie de ta nature humaine.
Cette vulnérabilité, on l'associe très souvent à de la faiblesse et c'est bien là le problème. On a décidé que c'était négatif, que ça nous diminuait, que ce n'était pas quelque chose à montrer.
Pourtant, ce que j'observe, en consultation comme dans ma propre vie, c'est que la vulnérabilité n'est pas le véritable problème.
Pourquoi avons-nous peur de montrer notre vulnérabilité ?
Cette peur ne sort pas de nulle part.
Elle est profondément liée à notre instinct de survie. Être blessé, isolé du groupe ou incapable de se défendre pouvait avoir de lourdes conséquences.
Il n'est donc pas étonnant qu'une part de nous cherche spontanément à se protéger dès que nous nous sentons vulnérables.
Cette réaction a sa logique. Être vulnérable, c'est être plus exposé au rejet, au jugement, à la critique ou à la blessure.
J'observe une autre peur, plus contemporaine. Celle de perdre en crédibilité. On croit qu'il faudrait être arrivé, stable ou irréprochable pour avoir le droit d'accompagner, de conseiller ou simplement d'être pris au sérieux. Montrer qu'on traverse encore certaines difficultés semble alors incompatible avec l'image que l'on souhaite donner.
Quand la protection devient permanente, elle finit par avoir un prix.
Le coût caché de cette protection permanente
On ne le voit pas tout de suite parce que c'est paradoxal. Ce qui nous épuise n'est pas ce que nous vivons, mais la lutte que nous menons contre ce que nous vivons. Tu peux consacrer une énergie folle à cacher ton stress, à contrôler ta peur, à faire comme si tout allait bien, mais cela ne fait que te vider.
C'est d'ailleurs très proche de ce que j'explique dans mon article sur le lâcher-prise.
Une grande partie de la pression que nous nous mettons vient de cet effort constant pour ne rien laisser paraître, ne rien ressentir ou ne rien montrer.
J'ai accompagné quelqu'un qui se sentait depuis des années trop fragile, trop sensible, jamais vraiment ancré. Le regard des autres avait sur cette personne un effet presque dévastateur. Alors elle contrôlait tout, en permanence, pour ne jamais laisser voir cette fragilité.
Le prix à payer était énorme. Elle dépensait une grande partie de son énergie à anticiper les réactions des autres, à surveiller ce qu'elle montrait, à éviter d'être touchée. Cette protection occupait tellement de place qu'elle ne lui laissait plus d'espace pour être simplement elle-même.
Comment regarder ce qui est là permet de reprendre sa responsabilité et son pouvoir
Tant que tu gardes tout à l'intérieur, tu restes dans une position où tu subis. Tu te sens faible, non pas parce que tu es faible, mais parce que tu gaspilles ton énergie à lutter contre toi-même plutôt qu'à agir.
Ce que tu ne regardes pas te dirige.
Lorsque tu commences à voir vraiment ce qui se joue en toi, quand tu arrêtes le combat, tu redeviens acteur ou actrice de ce qui t'arrive. Tu peux enfin agir sur ce que tu vois.
Et c'est ainsi que tu reprends ta responsabilité et ton pouvoir.
C'est aussi ce qui rend possible un autre mouvement, celui de montrer sa vulnérabilité à l'extérieur.
Tu ne peux pas montrer à l'autre ce que tu refuses de voir chez toi.
Mais attention, montrer sa vulnérabilité ne veut pas dire se dévoiler sans discernement. Toutes les personnes, toutes les relations et toutes les situations ne sont pas capables de recevoir ce que tu traverses avec respect.
Tu peux choisir ce que tu partages, quand tu le partages et avec qui. La vulnérabilité n’exclut pas les limites, elle permet au contraire de les poser avec davantage de justesse.
Pourquoi la vulnérabilité est en réalité une force
Alors non, montrer ta vulnérabilité ne t'affaiblit pas. C'est même tout le contraire.
Montrer ta vulnérabilité ne signifie pas renoncer à ta force. C'est souvent le moment où tu récupères une énergie qui n'est plus mobilisée dans la lutte.
La force ne réside pas dans le fait de ne rien ressentir ou de tout maîtriser. Elle réside souvent dans la capacité à rester soi-même, même lorsque certaines parts de nous sont plus fragiles, plus sensibles ou plus exposées.
Oser montrer sa vulnérabilité demande du courage. Il est souvent plus facile de continuer à porter un masque, à faire comme si tout allait bien ou à garder ses difficultés pour soi. Se montrer tel que l'on est, sans chercher à paraître plus fort, plus solide ou plus avancé que l'on ne l'est réellement, demande une véritable honnêteté envers soi-même.
Et ça change concrètement la façon dont tu es en lien. Accueillir ta vulnérabilité, c'est pouvoir dire ça m'a touché, plutôt que de rester sur ce que l'autre a fait ou dit. Tu parles de ce qui t’a touché, de tes réactions ou de tes propres difficultés, au lieu de désigner immédiatement l’autre comme responsable de ce que tu ressens. Et ça ouvre des choses que l'accusation n'ouvre jamais.
Ce mouvement ne s’arrête pas à toi. Quand tu oses te montrer vulnérable, l'autre ose aussi. Ta fragilité assumée devient une invitation silencieuse, une permission que tu donnes sans un mot. Ce n'est pas une technique pour créer du lien, c'est simplement ce qui se passe quand tu cesses de faire semblant devant l'autre.
Tu es un être humain parfaitement imparfait. Tant que tu es en vie, tu continues d’évoluer, et de nouvelles fragilités peuvent apparaître. Et plus tu t'autorises à les accueillir, plus tu te sens fort·e. Autrement dit, plus tu accueilles tes limites, moins elles te limitent.
Tant que certaines parts de toi restent dans l'ombre, elles continuent de te diriger sans que tu le voies. Dans Ré-UNION, c'est exactement ce que nous mettons en lumière ensemble pour que l'énergie mobilisée dans la lutte puisse être remise au service de ce qui compte vraiment pour toi.
Si tu souhaites être accompagné·e dans cette démarche, je t'invite à prendre contact avec moi.